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Devenir autoentrepreneur

jeudi 4 juin 2009, par jeanmi

C’est la nouvelle martingale de la création d’entreprises. « La parfaite réponse au « travailler plus pour gagner plus » », avance même François Hurel, président de l’Union des autoentrepreneurs et auteur du rapport qui a directement inspiré le nouveau statut. N’en jetez plus : avec plus de 140 000 autoentrepreneurs déclarés en trois mois, le succès du nouveau régime, lancé par le secrétaire d’Etat aux PME Hervé Novelli, dans le cadre de la loi LME, ne se dément pas. Simple, fiscalement avantageux, réduisant les risques au minimum : le régime cumule les avantages. Et permet, selon Hervé Novelli, de compléter ses revenus avec une somme pouvant excéder « 1,5 smic ». De la vente sur Internet au conseil et aux cours du soir, revue de détail des créneaux porteurs.

Voir en ligne : challenges.fr

Se lancer dans le négoce sur Internet Le Net, eldorado de l’autoentrepreneur ? Pas loin, si l’on en croit les spécialistes du secteur : « On peut tout à fait augmenter son revenu de plusieurs centaines d’euros par mois sans y passer ses nuits, assure Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de PriceMinister, site de vente en ligne. J’ai même vu des étudiants qui faisaient 100 000 euros de ventes mensuelles sur de l’importation de matériel high-tech ! » Les pistes sont nombreuses : produits culturels, textile, objets d’art ou de collection... « Il faut identifier des niches où l’on est pertinent, car la concurrence est rude », témoigne Frédéric Delattre, manager logistique et autoentrepreneur sur PriceMinister et eBay, où il vend du textile haut de gamme. Chiffre d’affaires du premier mois d’activité : 700 euros. Appréciable. Mais gare à ne pas s’enflammer. Sur eBay, il faut compter les frais d’insertion des annonces et la commission en cas de vente. Sur PriceMinister, la commission se compose d’une part fixe et d’une part variable. Du coup, pour un produit au coût de revient de 10 euros, difficile de pratiquer un prix de revente sous 20 ou 30 euros si l’on veut générer une marge. « Les charges d’exploitation, comme les stocks ou les frais d’expédition, peuvent remettre en question un business model », prévient Alexandra Barth, consultante à l’Agence pour la création d’entreprises (APCE).

Ecouler ses propres créations Bracelets, colliers, linge de maison, pochettes... Chez Melita Baïta, on trouve de tout. Tendance exotique : les produits de base viennent de Marrakech ou d’Asie. De son hobby, importer et personnaliser les produits achetés lors de ses vacances, Armelle de Saint Sernin, organisatrice de salons chez Reed Expositions, a fait un complément de revenu conséquent - 300 à 500 euros par mois - par le bouche-à-oreille et quelques ventes privées. L’autoentrepreneuriat ? Passionnant mais chronophage, assure-t-elle : « Je bosse le soir et le week-end sur la fabrication. La prochaine étape, c’est de convaincre des boutiques de distribuer mes créations. » La création de bijoux, de vêtements et d’accessoires figure en bonne place dans le hit-parade des créneaux prisés des autoentrepreneurs. « C’est un marché sécurisant : on fait fructifier son talent, dans un cadre légal, sans risque financier », explique François Hurel, président de l’Union des autoentrepreneurs. Au point que les artisans se sont émus de cette concurrence, jugée déloyale : les autoentrepreneurs ne sont pas soumis à la TVA, qu’ils ne facturent pas, et ils peuvent bénéficier d’une exonération de taxe professionnelle pendant trois ans.

Donner des cours Soutien scolaire, formation professionnelle, cours de dessin, de cuisine ou d’informatique... Le statut ouvre de belles perspectives en donnant quelques heures de cours. « La formation professionnelle et les services à la personne sont deux des activités qui se dégagent », confirme Alexandra Barth, consultante à l’Agence pour la création d’entreprises (APCE). Monter sa boîte sur ce créneau ne nécessite pas d’autorisation préalable de son employeur pour les salariés du privé, qui sont simplement tenus de ne pas démarcher les clients de leur entreprise. Seul cas particulier : les salariés qui ont signé une clause d’exclusivité avec leur employeur. Celle-ci est inopposable pendant un an, depuis le moment où ils ont acquis leur statut d’autoentrepreneur. Ensuite, il faut mettre les choses au clair : soit renégocier la clause, soit arrêter la nouvelle activité. Concernant les fonctionnaires, la commission de déontologie doit être saisie pour juger de la compatibilité de l’activité de l’entrepreneur avec ses fonctions. « La procédure sera bientôt simplifiée », assure Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé des PME. En théorie, la voie est donc ouverte pour tout le monde, avec un plafond de chiffre d’affaires de 32 000 euros par an, qui ne devrait pas constituer un frein pour qui que ce soit : il correspond à plus de 2 600 euros de chiffre d’affaires mensuel...

Soirs et week-ends, ce banquier chasse les yachts

On connaissait les chasseurs d’appartements, qui dénichent à votre place le trois-pièces introuvable ou le loft de derrière les fagots. Voici le chasseur de yachts, version autoentrepreneur. Bertrand Tailpied, salarié d’une grande banque de détail, s’est lancé au début de l’année sur ce créneau original : dégoter un bateau de plaisance, de la coquille de noix à 10 000 euros au yacht à 1 million, pour des clients peu familiers du secteur. « Le marché de l’occasion est encore robuste sur les bateaux de plaisance, explique cet ESC Toulouse. Dans cette offre pléthorique, les acheteurs ont besoin de conseil. » Après avoir écumé les salons nautiques pendant son temps libre, il rencontre désormais les brokers pour se créer un réseau, en commençant par la côte méditerranéenne. Le principe est simple : il facture 50 euros de frais de dossier aux acheteurs, et se rémunère à la commission auprès des vendeurs. Le profil idéal. « Je voulais tester le marché et me rendre compte du temps qu’exige cette activité, explique-t-il. Le fait de ne payer de charges et d’impôts que si je génère du chiffre d’affaires m’a incité à me lancer. » Reste à se faire connaître. Le site Yacht-transactions.com est déjà ouvert, Bertrand Tailpied s’est inscrit dans plusieurs communautés d’auto-entrepreneurs, tel 80000euros.com, et il passe une bonne partie de ses soirées à peaufiner son référencement sur Internet. La chasse au client ne fait que commencer.

Un régime fiscal tout bénéfice

Pas de revenu, pas d’impôt. Le principe de la fiscalité de l’autoentrepreneur est aussi le plus intéressant : il permet de se lancer sans risque, en payant ses impôts sous forme d’un forfait directement prélevé sur le chiffre d’affaires. Si celui-ci est égal à zéro, l’entrepreneur ne paie rien. Les taux de prélèvement, eux, varient selon l’activité : 12% du chiffre d’affaires pour le commerce de marchandises, 18,3% ou 21,3% pour les prestataires de services et les professions libérales. Chiffres auxquels il faut ajouter entre 1 et 2,2% au titre du versement libératoire de l’impôt sur le revenu, pour les entrepreneurs éligibles à cette option fiscale très avantageuse. Exemple concret : un autoentrepreneur qui se lance dans le conseil en marketing. Pour 1 000 euros facturés par mois, il devra payer 18,3% de cotisations sociales, plus 2,2% au titre du versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Pour un entrepreneur qui se lance dans la vente d’objets, notamment sur eBay ou PriceMinister, les taux sont respectivement de 12% et 1,3% (voir simulation ci-dessous). Seul bémol, l’autoentrepreneur ne peut déduire ses frais professionnels de son revenu. Il faut donc soigneusement calculer ses charges d’exploitation avant de se lancer. Si celles-ci sont plus élevées que son revenu final, on aura inventé la machine à détruire de la valeur. Ou encore, travailler plus pour gagner moins...

« Chacun peut doubler ses revenus ! »

« Le statut de l’autoentrepreneur est une triple révolution. Administrative, d’abord, avec l’inscription en ligne, qui ne nécessite qu’une dizaine de minutes. Fiscale, ensuite : on ne paie d’impôts et de charges sociales que si on génère du chiffre d’affaires, ce qui permet à la fois une grande flexibilité de l’activité et la possibilité de l’arrêter sans risque financier. Culturelle, enfin : c’est une façon de sortir de l’antagonisme traditionnel entre salarié et employeur, chacun pouvant être son propre patron. En allant à la limite des plafonds (80 000 euros de chiffre d’affaires par an pour la vente de produits, et 32 000 euros pour la vente de services), un autoentrepreneur peut gagner plus de 1,5 smic en plus de son salaire. Ce qui peut lui permettre de doubler ses revenus ! Le tout avec une imposition adaptée : il ne facture pas la TVA et est exempté de taxe professionnelle pendant trois ans. »

P.-S.

Texte intégral de Vincent Lamigeon

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